Laser vaginal après cancer du sein : un bénéfice non démontré
Le laser vaginal est parfois proposé pour soulager les symptômes génito-urinaires chez les femmes sous inhibiteurs de l’aromatase après un cancer du sein. Mais quelle est son efficacité réelle ? Une analyse secondaire de l’essai randomisé LIGHT, publiée en octobre 2026 dans JAMA Network Open, ne montre aucun bénéfice supplémentaire du laser CO₂ fractionné par rapport à un traitement simulé après 12 mois de suivi.
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) peut être particulièrement marqué chez les femmes traitées par inhibiteurs de l’aromatase après un cancer du sein. Sécheresse vaginale, dyspareunie et troubles sexuels altèrent leur qualité de vie, alors que les options thérapeutiques hormonales nécessitent une évaluation individualisée.
Le laser vaginal CO₂ fractionné a été proposé comme alternative non hormonale. Son efficacité reste cependant controversée, notamment en raison du nombre limité d’essais contrôlés contre une procédure simulée.
Aucune supériorité du laser à 12 mois
L’essai LIGHT, randomisé en double aveugle, a inclus 84 femmes présentant un SGUM avec dyspareunie, sous inhibiteurs de l’aromatase. Elles ont reçu cinq séances mensuelles de laser CO₂ fractionné ou de laser simulé. Toutes bénéficiaient également de traitements non hormonaux, comprenant des hydratants ou lubrifiants vaginaux et des vibrateurs. Au total, 67 participantes ont été évaluées à 12 mois. Aucun événement indésirable grave n’a été rapporté durant le suivi.
Aucune différence significative n’a été observée entre les groupes concernant la fonction sexuelle, évaluée par le Female Sexual Function Index (FSFI), ni concernant la dyspareunie ou les paramètres de santé vaginale. Pourtant, la fonction sexuelle s’est améliorée dans les deux groupes, avec une augmentation moyenne du score FSFI d’environ 4,5 points. Cette amélioration ne peut donc être attribuée à un effet spécifique du laser.
Quelle place en pratique clinique ?
Ces résultats ne plaident pas en faveur d’une utilisation systématique du laser vaginal chez les femmes sous inhibiteurs de l’aromatase. Les hydratants et lubrifiants vaginaux restent une première option, avec une prise en charge adaptée à l’intensité des symptômes et à leur retentissement sur la vie sexuelle.
L’amélioration observée dans les deux groupes pourrait s’expliquer en partie par les traitements non hormonaux et l’accompagnement proposé pendant l’étude. Toutefois, compte tenu du nombre limité de participantes et du caractère monocentrique de l’essai, d’autres études restent nécessaires avant de recommander le laser vaginal en pratique courante.
Référence
Anglès-Acedo S, Alonso I, Ribera-Torres L, Mension E, Otero J, Herranz-Diez C, et al. Laser therapy for sexual health in breast cancer survivors receiving aromatase inhibitors: a secondary analysis of a randomized clinical trial. JAMA Netw Open. 2026;9(10):e2638937. doi:10.1001/jamanetworkopen.2026.38937