Prééclampsie à terme : l’accouchement programmé réduit le risque
L’accouchement reste le seul traitement définitif de la prééclampsie, mais sa programmation pourrait aussi jouer un rôle préventif. L’essai randomisé PREVENT-PE, publié dans The Lancet, a évalué une stratégie associant l’estimation du risque vers 36 semaines de grossesse à une programmation individualisée de l’accouchement. Une nouvelle piste pour réduire l’incidence de la prééclampsie à terme.
La prééclampsie complique environ 3 % des grossesses et reste une cause majeure de complications maternelles et périnatales. Chez les femmes identifiées à haut risque dès le premier trimestre, l’aspirine réduit d’environ 60 % le risque de prééclampsie avant terme. En revanche, aucune intervention fiable ne permet actuellement de réduire le risque de prééclampsie à terme, alors que ces formes représentent près de 75 % des cas.
Un accouchement programmé selon le niveau de risque
Mené dans deux maternités britanniques, cet essai randomisé ouvert a inclus 8.094 femmes présentant une grossesse unique, sans prééclampsie à l’inclusion. Dans le groupe intervention, le risque de prééclampsie était estimé vers 36 semaines à l’aide du modèle de la Fetal Medicine Foundation, qui associe les caractéristiques maternelles, la pression artérielle moyenne et les biomarqueurs PlGF et sFlt-1.
Pour les femmes du groupe intervention dont le risque atteignait au moins 1 sur 50, un accouchement programmé était proposé entre 37 et 40 semaines, d’autant plus tôt que le risque de prééclampsie était élevé. Les autres poursuivaient leur suivi habituel, comme les femmes du groupe témoin. Au total, 885 femmes, soit 21,9 % du groupe intervention, se sont vu proposer cette stratégie.
Une réduction de 30 % du risque de prééclampsie
La prééclampsie est survenue chez 3,9 % des femmes du groupe intervention, contre 5,6 % dans le groupe témoin, soit une réduction relative de 30 % (RR ajusté : 0,70 ; IC à 95 % : 0,58–0,86). Aucune différence significative n’a été observée concernant les césariennes en urgence (22,8 % contre 21,6 %) ou les séjours d’au moins 48 heures en unité de néonatologie (6,5 % contre 6,8 %).
Le taux de déclenchement du travail et l’âge gestationnel à la naissance ne différaient pas non plus significativement entre les deux groupes. Si ces résultats sont encourageants, leur application dans d’autres maternités reste à évaluer. L’essai a en effet été mené dans deux centres britanniques où une échographie vers 36 semaines fait partie du suivi habituel. La mise en œuvre de cette stratégie suppose également un accès aux biomarqueurs nécessaires au calcul du risque.
Référence
Goadsby J, Syngelaki A, Magee LA, von Dadelszen P, Akolekar R, Webster S, et al. Scheduled birth at term for the prevention of pre-eclampsia (PREVENT-PE): an open-label randomised controlled trial. Lancet. 2026;407:67-77. doi:10.1016/S0140-6736(25)01207-3.