Santé mentale
Comprendre et réduire la « scanxiété »
La « scanxiété » désigne une anxiété associée aux scanners de détection et de suivi du cancer. Le concept va au-delà du temps de l’examen et de la personne malade. Et il pourrait être réduit avec des mesures (relativement) simples à mettre en œuvre.
Pour une personne atteinte d’un cancer, le temps ne s’écoule pas de manière linéaire. Il se fige souvent dans la froideur d’une salle d’attente de radiologie. À cet instant précis, c’est comme si la pendule de la vie s’arrêtait : l’existence est mise en suspens entre le vrombissement magnétique d’un tunnel et le verdict qui en découlera…
Voyage au bout de l’angoisse
Ce sentiment n’est pas une simple nervosité passagère. « La “scanxiété” est un phénomène clinique complexe, qui s’ancre et se déploie tout au long du parcours de soins, de la mise au point diagnostique jusqu’au suivi postcancer », a expliqué Melissa De Regge, professeure de management des soins de santé à l’UGent, lors de son intervention au meeting annuel de la Belgian Society of Medical Oncology (BSMO) [1]. « La scanxiété ne se limite pas aux 15 minutes de l’examen. Elle s’inscrit dans un scan-journey étendu et jalonné de points de friction psychologiques. » En cartographiant ce voyage émotionnel, son équipe de recherche a identifié sept étapes critiques, regroupées en trois phases :
- La phase de préscan (dès la prise de rendez-vous) ;
- Le jour de l’examen, qui inclut l’arrivée à l’hôpital et le scan proprement dit ;
- La phase postscan – souvent la plus insoutenable – qui précède l’annonce des résultats.
Un état qui affecte tout l’écosystème
La recherche dirigée par la Pre De Regge révèle que la scanxiété n’affecte pas seulement l’individu malade. « Le parcours de soins est un écosystème d’interdépendances où les émotions circulent. Les proches, dont le stress miroite souvent celui du ou de la patiente, deviennent “copatients”. Leur malaise – parfois plus conséquent que celui du ou de la patiente – influence la dynamique de soin. » Le personnel soignant est aussi impliqué puisqu’un environnement saturé de stress dégrade la qualité du service perçu.
Trois mesures simples pour réduire la scanxiété
Les interviews et ateliers de cocréation de l’étude – qui réunissaient patientèle, proches et personnel soignant – ont permis de mettre en évidence plusieurs mesures concrètes, aux différents stades du parcours de scan, pour réduire la scanxiété. En voici trois qui pourraient facilement et rapidement être implémentées dans les hôpitaux :
- Communiquer rapidement les résultats primaires, idéalement le jour même, transformerait une attente traumatique en une prise en charge fluide.
- (Mieux) informer sur le trajet de soins, particulièrement les délais d’attente. Prévenir, par exemple, que des retards de 10-15 minutes sont possibles dans les services de radiologie.
- Des conseils pour mieux gérer le stress. Exemples : exercices de relaxation et de respiration, écouter de la musique apaisante, solliciter une aide (onco)psychologique, etc.
Référence
1.Melissa De Regge et Hannes Vanpoecke, Scanxiety. Improving the scanjourney, BSMO, 6 février 2026.