Accès direct à la kinésithérapie : Le Cartel émet des réserves
Le Cartel émet des réserves à l’accès direct à la kinésithérapie sous certaines conditions décidé par Frank Vandenbroucke : le MG doit rester le pivot du système, la continuité des soins doit être assurée. Le Cartel craint en outre une généralisation de cette pratique et n'est pas persuadée des économies qu'elle entraînera.

Le Conseil des ministres a approuvé le 11 septembre dernier un projet d’arrêté royal qui accorde désormais au patient, sous certaines conditions, de bénéficier d’un accès direct à la kinésithérapie sans qu’une prescription préalable d’un médecin (généraliste) soit nécessaire.
Le ministre met-il à mal le principe qu’il rappelle souvent – le médecin généraliste est la figure centrale des soins de première ligne ? Le Cartel (ASGB-GBO-MoDeS) nuance. Car le principe est soumis à conditions.
Il vaut la peine de les rappeler :
Cela concerne uniquement un nombre limité d’affections relevant du domaine musculo-squelettique ; uniquement chez les kinésithérapeutes titulaires d’un master de deux ans et disposant d’au moins deux ans d’expérience professionnelle ; pour un maximum de 7 séances par an pour une même pathologie et à condition que les informations soient transmises au médecin généraliste au début, pendant et à la fin du traitement.
Ces conditions sont conformes à l’avis du Conseil supérieur des médecins généralistes et des médecins spécialistes. Le ministre est tenu de lui demander son avis.
Inquiétudes
Le Cartel émet toutefois certaines inquiétudes :
-Reviendra-t-il au médecin généraliste ou un patient de s’assurer que le kinésithérapeute débutant le traitement répond bien aux exigences en matière de diplôme et d’expérience ?
-Par quel canal les informations seront-elles échangées et que se passera-t-il cette transmission n’a pas lieu ?
Le Cartel propose condition supplémentaire : « le kinésithérapeute devrait soit faire partie d’une équipe multidisciplinaire comprenant un médecin généraliste, soit avoir conclu un accord de collaboration avec une pratique de médecine générale, prévoyant un canal de communication fluide et sécurisé, qu’il soit numérique ou papier ».
Le Cartel est conscient que la réforme est porteuse d’économies mais « ne risque-t-elle pas, au contraire, d’entraîner des coûts supplémentaires ? » Le syndicat médical craint une sollicitation accrue des kinésithérapeutes, avec un allongement probable des délais d’attente et des examens d’imagerie médicale supplémentaires à l’issue des 7 séances.