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De la xérose cutanée à la dermatite atopique : quels soins pour la peau ?

Peau sèche, tiraillements, démangeaisons ou inconfort : ces plaintes sont fréquentes en médecine générale. Souvent bénigne, la xérose peut aussi être le signe d’une dermatose ou révéler une affection sous-jacente. Quelques repères permettent au généraliste d’en préciser l’origine, de traiter l’inflammation et de conseiller des soins adaptés. 

Dre Roxane Van de Merckt - 8 septembre 2026

xérose cutanée dermatite atopiqueEn consultation, l’enjeu est de distinguer les situations relevant de simples soins de celles qui traduisent une dermatose ou nécessitent des investigations. 

Xérose cutanée : un symptôme à replacer dans son contexte 

La xérose cutanée correspond à une altération de la composition lipidique et des facteurs hydrophiles de la couche superficielle de la peau, compromettant sa capacité à retenir l’eau et sa fonction barrière. Particulièrement fréquente avec l’âge, elle est souvent favorisée par le froid, une faible humidité ambiante, les lavages longs ou fréquents à l’eau chaude et les savons ou nettoyants irritants. Lorsque la sécheresse s’accompagne de prurit ou de signes inflammatoires, une dermatose sous-jacente doit être recherchée. 

L’interrogatoire recherchera les habitudes de toilette, l’exposition au froid ou à un environnement sec, les lavages répétés et les contacts avec des irritants. Les antécédents, traitements en cours et pathologies associées seront également pris en compte. Selon l’aspect et la localisation des lésions, une dermatite atopique (DA), une dermatite de contact, un psoriasis ou une infection cutanée peuvent être évoqués. Plus rarement, une xérose diffuse ou un prurit généralisé sans lésion cutanée évidente peut être d’origine médicamenteuse ou systémique. Une cause endocrinienne, rénale, hépatique ou hématologique doit alors être évoquée. 

Dermatite atopique : reconnaître et traiter l’inflammation 

La xérose cutanée est fréquente dans la DA, mais une peau sèche n’est pas synonyme de DA. La DA touche environ 10 à 20 % des enfants en Europe et 4 à 5 % des adultes en France. Le diagnostic repose notamment sur l’association d’un prurit et de lésions eczémateuses caractéristiques, dont la présentation et la distribution varient selon l’âge. Les antécédents personnels ou familiaux d’atopie peuvent également orienter le diagnostic. 

Les dermocorticoïdes constituent un traitement anti-inflammatoire de première intention. Leur puissance est choisie selon l’âge, la localisation et l’intensité des lésions. Une attention particulière est requise sur le visage, les paupières, le cou et les plis, où l’on privilégiera des dermocorticoïdes de faible à moyenne puissance. 

Pendant une poussée, le traitement est appliqué sur les lésions jusqu’à leur contrôle, puis arrêté ou diminué. La quantité peut être guidée par la fingertip unit (FTU) : une FTU correspond à une bande de produit allant du pli cutané distal jusqu’au bout de l’index, soit environ 0,5 g, et permet de couvrir une surface équivalente à deux paumes adultes. Une information claire favorise son bon usage. 

Les émollients restent la base des soins d’entretien. Ils sont appliqués régulièrement, idéalement après la douche ou le bain, sur une peau séchée délicatement ; une application au moins deux fois par jour peut être nécessaire. Le choix de la formulation dépend de la tolérance, de la zone traitée et de la saison, en privilégiant des produits exempts d’allergènes de contact connus. 

En cas de poussées répétées, un traitement proactif peut être proposé : traitement anti-inflammatoire deux fois par semaine sur les zones habituellement atteintes, associé à des émollients quotidiens sur l’ensemble du corps afin de réduire le risque de nouvelles poussées. 

Si la DA reste insuffisamment contrôlée malgré une prise en charge topique bien conduite, il faut vérifier le diagnostic, l’observance et les facteurs aggravants. En cas d’échec malgré un traitement topique approprié et, si nécessaire, une photothérapie, un traitement systémique peut être discuté. Les recommandations européennes actualisées incluent notamment plusieurs biothérapies et inhibiteurs de JAK ; une DA persistante, très prurigineuse ou fortement retentissante justifie un avis dermatologique. 

Préserver la barrière cutanée : des conseils simples au quotidien 

La dermocosmétique ne concerne pas uniquement les peaux sèches ou atopiques. Pour une peau saine comme fragilisée, l’objectif est de limiter les agressions et de préserver la fonction barrière. Une routine simple, adaptée au type de peau, peut suffire.

En pratique, on privilégiera des douches courtes et tièdes, en évitant les lavages excessifs, l’eau très chaude et les savons ou nettoyants agressifs. Les produits doux et peu irritants sont particulièrement adaptés aux peaux sèches ou sensibles. Le choix de l’émollient repose sur sa tolérance et les préférences du patient afin de favoriser une utilisation régulière. Pour une peau saine, l’hydratant n’a pas besoin d’être systématique : il peut être proposé en cas de sécheresse, d’inconfort ou d’exposition à des facteurs desséchants. La réduction des agressions environnementales et la photoprotection contribuent également à préserver la peau et à limiter les effets cutanés des UV. 

Une xérose isolée devrait s’améliorer avec des soins adaptés. L’absence d’amélioration, un prurit intense ou généralisé, des lésions inhabituelles, une surinfection ou un retentissement important sur le sommeil et la qualité de vie doivent conduire à réévaluer la situation. Lorsque le prurit reste inexpliqué, l’interrogatoire, l’examen clinique et, selon le contexte, des examens complémentaires peuvent être indiqués pour rechercher une cause médicamenteuse ou systémique.

Pour le médecin généraliste, l’essentiel est donc de reconnaître les signes d’alerte, de traiter l’inflammation lorsqu’une DA est présente et de proposer des soins appropriés, sans médicaliser une simple xérose. 

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