Psychologie

Réintégration au travail : une approche public-privé souhaitable ?

AG Insurance a détaillé ce mercredi matin « son » programme de réintégration au travail (Return to work) proposé dans la cadre de la couverture revenu garanti. Dithyrambique, l’assureur revendique un taux de retour de 70%. Les trajets formels et informels sont complémentaires. Explications avec Benoit Halbart, Managing Director, Employee Benefits / Health Care et Aline Franssen, Health & Reintegration Officer.

En parallèle d’obligations légales de réintégration au travail (et de sanctions) prévues par la réforme Vandenbroucke, AG Insurance propose à ses clients de prendre en charge la réintégration au travail. Le coût est confidentiel mais l’approche est novatrice.

AG Insurance
Benoit Halbart, Managing Director, Employee Benefits / Health Care et Aline Franssen, Health & Reintegration Officer.

Le contexte – alarmant – se prête possiblement à faire appel au privé pour atteindre l’objectif de l’INAMI – et du gouvernement - de remettre 100.000 personnes au travail dans les années qui viennent.

Alarmant est le mot. Puisqu’environ 7,5 % de la population active belge est aujourd'hui en incapacité de longue durée (plus d'un an), ce qui représente plus de 500 000 personnes. De plus, 2,6 % de la population est en incapacité depuis une période comprise entre 1 et 12 mois. Entre 2000 et 2023, on constate une augmentation de +163% du nombre de malades de longue durée.

"Entre 2018 et aujourd'hui, le nombre de cas de burnout a augmenté de 71 %, tandis que les autres troubles psychologiques ont progressé de plus de 30 %."

Mais la maladie de longue durée, rappelons-le, concerne des maux bien spécifiques. Outre une augmentation des maladies dues aux maux de dos, on vit une explosion des troubles psychologiques, confirme AG : entre 2018 et aujourd'hui, le nombre de cas de burnout a augmenté de 71 %, tandis que les autres troubles psychologiques ont progressé de plus de 30 %.

AG le rappelle : « L'absentéisme représente un coût direct d'environ 1 890 euros par an par employé actif (salaire et charges patronales), auxquels s'ajoutent 25 % de coûts indirects liés à la perte de productivité et à la réorganisation des équipes. Des sanctions sociales de 30 % sur les rémunérations des 2e et 3e mois d'incapacité pèsent également sur les employeurs. »

Le programme "Return to Work" d'AG

Face à cette catastrophe – tant pour les malades que pour la sécu et les employeurs -, AG a initié dès 2017, un accompagnement personnalisé principalement pour les affections psychiques (burnout, dépression, stress).

Caractéristiques : approche informelle basée sur le dialogue et sur base volontaire (on ne force personne). Approche « sur mesure » (trajet adapté à la personne). Réaction rapide (sans contact dans les 3 mois, la probabilité de retour tombe à 50 % ; après 8 mois, elle n'est plus que de 20 %). Enfin, l’objectif est une reprise pérenne qui évite autant que faire ce peut les rechutes.

Le trajet est confidentiel, gratuit pour l’employé et anonyme. L’assureur ne communique aucun suivi à l’employeur. Le malade bénéfice de thérapeutes choisis par l’assureur sans liste d’attente.

Le programme identifie trois phases « médicales » : récupération (retrouver un équilibre et de l'énergie via relaxation et psychologie) ; réactivation (travail sur les compétences, les limites et la gestion du stress avec des job coaches) et enfin réintégration (reprise étape par étape, adaptée à la situation professionnelle).

AG collabore avec cinq partenaires multidisciplinaires : Workpace Options, Medic Centrum Turnhout, Human People, Clinique du Stress CES (Liège) et Pulso.

Résultats notables

Depuis 2017, AG a proposé 12.000 trajets. Une personne sur deux a accepté d’y entrer. 45% sont des cas de burnout (alors que la dépression domine dans les chiffres fournis par l’INAMI). La compagnie revendique un taux de succès (reprise du travail pendant ou après le trajet) de 7 à 8 personnes sur dix.

Comme les chiffres officiels, l’assureur constate une augmentation significative de cas chez les jeunes travailleurs, autour de 30-35 ans.

En moyenne, le retour au travail se fait après 4,6 mois. 82 % des participants retournent chez leur employeur initial. Le taux de rechute est élevé, dépassant 9/10.

Quel positionnement vis-à-vis du cadre légal ?

Le gouvernement fédéral a mis en place un plan formel (contacts à 4 semaines, évaluation à 8 semaines, trajet obligatoire avant 6 mois) assorti de sanctions.

AG plaide pour une meilleure articulation entre l'informel et le formel. AG souhaite que les efforts des employeurs mettant en place des solutions informelles (comme Return to Work) soient reconnus et permettent éventuellement de réduire les sanctions légales.

Bien que non encore légalisé, le programme d'AG est reconnu par des ministres comme Frank Vandenbroucke ou David Clarinval comme un exemple à suivre. AG entretient un dialogue avec ces deux ministres.

Mais une fois le seuil de 6 mois dépassé, le trajet formel obligatoire doit quand même être lancé. Cela mène souvent à une "Décision C" (le travailleur est en soin et ne peut être évalué), « ce qui engendre une perte de ressources administratives alors qu'il suffirait de reconnaître que la personne est déjà dans un processus de rétablissement efficace ».

Approches formelle et informelle "complémentaires"

AG estime que les deux trajets, formel légal et informel privé, sont en réalité complémentaire.

Pourquoi l'informel fonctionne-t-il mieux que le formel, selon AG ? Parce que l'informel repose sur le volontariat et le dialogue, tandis que le formel est souvent perçu comme une contrainte ou une source de stress supplémentaire par le travailleur, ce qui n'est pas propice à une guérison psychologique durable.

Que font les personnes qui refusent le trajet ? Environ une personne sur deux décline la proposition, souvent parce qu'elle a déjà ses propres soins ou parce qu'elle se sent encore trop faible pour entamer une démarche de réactivation. Ces personnes retombent alors dans le circuit légal formel

POUR QUI ? Le service est proposé systématiquement à tous les employeurs clients d'AG ayant souscrit une assurance invalidité (revenu garanti). Actuellement, environ 20 % des employeurs belges offrent ce type de couverture complémentaire, et AG détient plus de 40 % de parts de marché sur ce segment.

Écrit par Nicolas de Pape18 mars 2026
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