Démence, dépression, anxiété, confusion, voire risque suicidaire
Les maisons de repos face à une nouvelle réalité
Les maisons de repos et de soins accueillent désormais des résidents de plus en plus fragiles, souvent atteints de troubles neurocognitifs ou psychiatriques : démence, dépression, anxiété, confusion, voire risque suicidaire. Dans un nouvel avis, le Conseil supérieur de la Santé estime que le modèle actuel n’est plus adapté à cette évolution.

Le CSS pointe un décalage croissant entre les besoins réels des résidents et l’organisation des soins. Les formations, les normes de personnel, les outils d’évaluation et les financements restent encore largement centrés sur les soins physiques. Les dimensions psychologiques, sociales, relationnelles et existentielles sont trop peu prises en compte.
Le CSS recommande aussi un dépistage systématique de la santé mentale dès l’admission, une prescription plus prudente des psychotropes et un recours accru aux alternatives non médicamenteuses.
Cette situation pèse sur la qualité de vie des résidents, mais aussi sur les soignants, exposés à une charge de travail accrue et à un risque de burn-out. Le Conseil plaide donc pour des soins davantage centrés sur la personne : histoire de vie, préférences, dignité, identité, spiritualité et projet de vie devraient être intégrés dans les plans de soins.
Le CSS recommande aussi un dépistage systématique de la santé mentale dès l’admission, une prescription plus prudente des psychotropes et un recours accru aux alternatives non médicamenteuses : activité physique, musicothérapie, réminiscence ou interventions psychosociales.
Lutter contre l'isolement
Les proches et aidants devraient être davantage associés au suivi des résidents. Les maisons de repos gagneraient aussi à s’ouvrir davantage à leur environnement pour lutter contre l’isolement.
Enfin, le Conseil appelle les autorités à adapter la réglementation et le financement à la complexité croissante des besoins. Sans équipes stables, formation continue et meilleure organisation du travail, cette transformation restera théorique.