CANCER DU REIN
Les promesses du belzutifan
Les résultats positifs de l’étude LITESPARK-022, qui porte sur l’ajout de belzutifan au pembrolizumab, pourraient remettre en question le traitement adjuvant du carcinome rénal à cellules claires à haut risque de récidive.

Actuellement, le pembrolizumab est le traitement standard du carcinome rénal à cellules claires (ccRCC) à haut risque de récidive après une néphrectomie. Malgré tout, environ 40 % des patients rechutent ou meurent endéans les cinq ans. Or, le belzutifan, un inhibiteur sélectif de HIF-2α, avait déjà montré une certaine efficacité dans des études antérieures portant sur des maladies avancées.
Design de LITESPARK-022
L’étude de phase III LITESPARK-022 évalue donc l’ajout de belzutifan au pembrolizumab pendant un an par rapport au traitement par pembrolizumab + placebo [1]. Les 1.800 patients adultes inclus dans l’étude présentent un ccRCC à risque intermédiaire-élevé, élevé MO ou M1 sans évidence de maladie, et n’avaient pas encore reçu de traitement systémique. Leur chirurgie a été réalisée moins de trois mois avant la randomisation.
Des résultats intermédiaires prometteurs
- DFS: après un suivi médian de 28,4 mois (atteint en août 2025), la survie sans maladie était de 75,8 % avec la combinaison belzutifan+pembrolizumab, contre 68,6 % dans le bras de la monothérapie. Soit une réduction relative de 28 % du risque de récidive ou de décès (HR 0,72). Cette supériorité est particulièrement marquée dans le sous-groupe des caractéristiques sarcomatoïdes, observées dans 5 à 8 % des ccRCC et associées à de moins bons pronostics : 63,2 % dans le bras expérimental (HR 0,55) versus 48,6 %.
- DMFS: la survie sans métastases distantes est aussi supérieure dans le bras de la combinaison (HR 0,71) : 77,1 % versus 70,1 %, soit 19 % d’événements, contre 25,2 % avec le pembrolizumab seul.
- PFS2: bien que la survie sans progression secondaire soit encore immature, elle montre tout de même une tendance positive (HR 0,68) dans le bras belzutifan+pembrolizumab.
- TRAEs : rien de nouveau à signaler dans les effets secondaires indésirables, cohérents avec les profils de toxicité de chaque médicament et, sans surprise, plus fréquents avec le doublet : 42,2 % versus 17,9 %. Il s’agit principalement d’anémie, de fatigue et d’hypoxie [2]. Les données relatives à la qualité de vie ne sont pas encore disponibles.
Un nouveau standard de traitement ?
L’analyse intermédiaire montre aussi une survie globale favorable (HR 0,78), mais il est trop tôt pour en tirer des conclusions. Cela dit, « quelques mois plus tard, les courbes continuent d’être différenciées, à tous les niveaux », a déclaré le Pr Thomas B. Powles (UK) lors de son intervention au congrès EAU26. « Ce qui laisse espérer une évolution favorable à plus long terme. »
S’ils se confirment, ces résultats pourraient donc positionner la combinaison belzutifan+pembrolizumab comme potentiel nouveau standard adjuvant pour des patients à haut risque justifiant une escalade thérapeutique.
Retrouvez notre article complet, Le belzutifan va-t-il changer le game ? dans notre dossier consacré au congrès EAU 2026 dans le numéro d’avril du Journal du médecin/Update spécialistes urologie.
Références
1. T. B. Powles, Adjuvant pembrolizumab (pembro) plus belzutifan (bel) for clear cell renal cell carcinoma (ccRCC): primary and exploratory efficacy outcomes from the phase 3 LITESPARK-022 study, présenté au Congrès EAU26, le 14 mars 2026.
2. Pour rappel, les Treatment-emergent Adverse Events (TEAEs) désignent les évènements indésirables survenant après le début d’un traitement, mais sans forcément de lien causal avec ledit traitement. Tandis que les Treatment-related Adverse Events (TRAEs) sont jugés liés au traitement par l’instigateur, impliquant une évaluation de causalité.