Une pente vers l'eugénisme
Une start-up américaine propose une sélection génétique des embryons
La start-up américaine Nucleus Genomics annonce la possibilité de choisir "le meilleur bébé" grâce à l'analyse génétique des embryons avant leur implantation dans le cadre d'un traitement de fécondation in vitro.
Nucleus Genomics, créé par Kian Sadeghi, un entrepreneur de 25 ans, fait de la publicité pour ses tests génétiques dans les gares et stations de métro américaines pendant la période de fin d'année. Pour environ 40.000 dollars, les parents qui ont recours à la FIV peuvent faire réaliser jusqu'à 20 tests génétiques préimplantatoires (PGT) sur des embryons pendant une période de quatre mois.
La société affirme qu'elle peut non seulement détecter plus de 2.000 troubles génétiques, mais aussi prédire des caractéristiques telles que la taille, l'IMC, le QI, la maladresse, la force musculaire, les comportements à risque, les allergies, l'acné, la calvitie masculine et même l'espérance de vie.
Ce faisant, les critiques affirment que l'entreprise se rapproche de l'eugénisme, où les parents peuvent sélectionner leurs enfants en fonction de caractéristiques souhaitables.
"Santé générationnelle"
Sur le site de Nucleus Genomics, Sadeghi se défend contre cette accusation. "L'eugénisme fait référence à des programmes de reproduction sélective, d'euthanasie et de stérilisation parrainés par l'État et destinés à promouvoir certains traits de caractère et à en éradiquer d'autres, sur la base du racisme et de la discrimination."
Selon lui, l'entreprise fait de la "santé générationnelle". "Chacun devrait avoir le choix d'accéder à ses données génétiques pour prendre des décisions éclairées concernant sa propre santé et l'avenir de sa famille."
"L'intelligence ne peut être prédite"
Les experts s'interrogent également sur la valeur des tests. L'International Journal of Medicine cite Israël Nisand, président du Forum européen de bioéthique : "Il n'existe aucune technologie, aujourd'hui ou dans un avenir proche, qui permette de prédire l'intelligence ou la taille. Ces caractéristiques impliquent des milliers de gènes qui interagissent de manière complexe."
Aux États-Unis, les tests génétiques ne font l'objet d'aucune réglementation. En Belgique, le test génétique préimplantatoire (PGT) n'est utilisé qu'en cas de risque accru d'avoir un enfant présentant une anomalie génétique grave, telle que le syndrome de Down, le syndrome d'Edwards, certaines maladies métaboliques, des cancers héréditaires et des troubles neurologiques.