Pemphigus : quel bénéfice clinique pour l’efgartigimod ?
Le blocage du récepteur néonatal Fc (FcRn) constitue une approche thérapeutique ciblée dans le pemphigus. Pourtant, l’ajout d’efgartigimod à la prednisone n’a pas apporté de bénéfice clinique significatif dans un essai de phase III mené dans le pemphigus modéré à sévère.
Le pemphigus est une dermatose bulleuse auto-immune médiée par des autoanticorps IgG dirigés contre les desmogléines 1 et/ou 3. L’efgartigimod est un fragment Fc d’IgG1 humaine qui bloque le FcRn, diminuant le recyclage des IgG et leurs taux circulants, notamment ceux des autoanticorps pathogènes.
Publié dans le British Journal of Dermatology, l’essai ADDRESS, randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, a inclus 222 adultes, dont 190 avec un pemphigus vulgaire (PV) et 32 avec un pemphigus foliacé (PF). Ils recevaient chaque semaine de l’efgartigimod sous-cutané ou un placebo, associés à de la prednisone débutée à 0,5 mg/kg/j, puis diminuée.
Pas de bénéfice clinique supplémentaire à 30 semaines
Le critère principal, évalué chez les 190 patients avec PV, était une rémission complète maintenue au moins huit semaines sous prednisone ≤ 10 mg/j. Il a été atteint par 35,5 % des patients sous efgartigimod, contre 30,3 % sous placebo, sans différence significative (OR 1,19 ; IC 95 % 0,60–2,41 ; p = 0,60). L’analyse portant sur l’ensemble des patients était également négative.
Aucun effet d’épargne cortisonique n’a été mis en évidence. Dans l’ensemble de la population PV + PF, le contrôle de la maladie était obtenu chez environ 90 % des patients dans les deux bras, avec un délai médian identique de 15 jours. Le délai jusqu’à la rémission complète était également comparable (106 vs 113 jours).
Une chute rapide des autoanticorps malgré tout
L’effet pharmacodynamique était pourtant marqué. Sous efgartigimod, les IgG totales diminuaient de 44,5 % dès la première semaine et de 61,7 % à la deuxième. Les autoanticorps anti-Dsg1 et anti-Dsg3 diminuaient également rapidement.
Les événements indésirables graves concernaient 12,2 % des patients sous efgartigimod, contre 13,3 % sous placebo, sans décès.
Selon les auteurs, la réponse à la corticothérapie dans le groupe placebo, la définition du critère principal et la durée relativement courte de l’essai pourraient avoir limité la mise en évidence d’une différence entre les groupes. Malgré une réduction marquée des IgG et des autoanticorps anti-Dsg, cet effet pharmacodynamique ne s’est pas traduit par une différence sur le score PDAI (Pemphigus Disease Area Index).
Référence
Joly P, Murrell DF, Aoyama Y, et al. Efficacy and safety of subcutaneous efgartigimod with prednisone in moderate-to-severe pemphigus (ADDRESS): a global, phase III, randomised controlled, double-blind trial. Br J Dermatol. Published online September 11, 2026. doi:10.1093/bjd/ljag199.