Quatre salariés sur cinq seraient prêts à bénéficier d’un soutien psychologique proposé par leur employeur
Quatre salariés sur cinq auraient recours à un soutien en matière de santé mentale si leur employeur le proposait. Pourtant, près de la moitié d’entre eux ne savent pas comment accéder aux aides existantes. C’est ce qui ressort du Mind Health Report 2026 d’AXA, présenté à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.
La volonté de chercher de l’aide est donc forte, mais l’offre touche encore trop peu les salariés. Un salarié sur cinq ignore même si son employeur propose un accompagnement. Par ailleurs, 48 % préfèrent ne pas parler de leurs problèmes psychologiques et 41 % hésitent à évoquer leurs difficultés de santé mentale au travail, par crainte d’être jugés négativement.
La culture d’entreprise constitue également un frein. Seuls un peu plus de la moitié des salariés la jugent ouverte et propice aux échanges sur le bien-être mental. Même lorsqu’un soutien existe, le manque de temps, la crainte de réactions négatives et les éventuelles conséquences sur leur carrière les empêchent d’y recourir.
« Même si nous parlons plus facilement de ce que nous ressentons, la dépression, l’anxiété et les autres problèmes de santé mentale suscitent encore la crainte de réactions négatives. Les personnes concernées ont surtout le sentiment que leurs collègues et leurs responsables considéreront comme une faiblesse le fait de confier qu’elles traversent une période difficile », explique le professeur Lode Godderis, PDG d’IDEWE et professeur de médecine du travail à la KU Leuven.
Cadres et indépendants
Les managers et les indépendants sont eux aussi sous pression. Près de quatre managers sur dix déclarent que leurs responsabilités nuisent à leur santé mentale. Ils doivent notamment composer avec la pression de l’organisation, les conflits au sein des équipes et les conversations difficiles. Parmi les indépendants, 52 % éprouvent des difficultés à faire passer leur propre bien-être en priorité. Cette proportion atteint 62 % chez ceux qui travaillent seuls.
AXA plaide donc en faveur d’un soutien plus visible, facilement accessible et confidentiel. « La prévention doit devenir un réflexe individuel aussi naturel que l’attention portée à la santé physique », déclare Céline Dupont, d’AXA Belgium. Selon le rapport, cela exige un effort commun de la part des employeurs, des prestataires de soins, des assureurs et des pouvoirs publics. Le soutien ne porte ses fruits que si les salariés savent à qui s’adresser et ont la certitude que demander de l’aide n’aura pas de conséquences professionnelles.