« Des millions pour les médicaments amaigrissants, mais le sport toujours plus cher ? Ce n'est pas une politique de santé ! »
Aujourd'hui, le remboursement des médicaments amaigrissants est soumis à des conditions strictes. Et c'est tant mieux : un remboursement plus large serait pernicieux pour la sécurité sociale et enverrait un mauvais signal dans une politique de prévention qui doit mettre l'accent sur un mode de vie actif et sain.
(Une opinion d'Eric Vandenabeele, président de fitness.be)
Pour l'instant, le gouvernement ne semble pas vouloir étendre le remboursement des médicaments amaigrissants. Il faut cependant rester vigilant. Par exemple, il ne faut pas fermer les yeux sur la pression sociale, sans parler du lobbying des grandes firmes pharmaceutiques qui continuent à faire pression pour un élargissement du remboursement. Lorsque même les experts en bourse déclarent que le marché du diabète et de l'obésité "pousse comme un chou" (Pieter Slegers dans Het Laatste Nieuws du 6 janvier, lisez qu'il est "hautement recommandé pour l'investisseur avisé"), vous savez ce qu'il en est...
Les nouveaux médicaments amaigrissants tels qu'Ozempic et Mounjaro peuvent aider les gens à perdre du poids. C'est incontestable. Ce qui est moins connu, en revanche, c'est que ces médicaments ne fonctionnent qu'à condition d'être pris à vie, qu'ils sont associés à une perte musculaire et qu'ils pourraient coûter à l'Inami "jusqu'à plus de 200 millions d'euros" par an.
Dans le même temps, le sport et l'exercice physique coûtent de plus en plus cher (voir l'augmentation imminente de la TVA de 6 à 12 %), alors qu'ils sont essentiels au maintien de la masse musculaire, à la prévention du diabète et à la prolongation des bénéfices pour la santé. Il n'y a aucune logique à cela. C'est comme si l'on remboursait les médicaments pour arrêter de fumer mais que l'on rendait les cigarettes moins chères.
Avec ces budgets qui rendent des dizaines de milliers de personnes dépendantes de médicaments à vie, on pourrait guider deux à trois fois plus de personnes vers un mode de vie actif et sain, avec un effet durable à la clé, et sans frais médicaux supplémentaires.
Nous plaidons donc pour une politique de santé crédible qui utilise les médicaments comme une aide temporaire, qui investit structurellement dans l'exercice et le mode de vie, et qui ne décourage pas les choix sains par des mesures fiscales. Ceux qui rendent le sport plus cher et subventionnent les pilules n'optent pas pour la prévention, mais pour le traitement des symptômes. Et c'est nous tous qui finissons par payer pour cela.
La vraie question n'est pas de savoir si les médicaments amaigrissants sont efficaces.
La question est de savoir si nous voulons traiter ou prévenir l'obésité.