France : des centaines de médecins libéraux s'exilent symboliquement en Belgique
Calots de bloc, blouses blanches et petites valises: des centaines d'anesthésistes, chirurgiens et obstétriciens libéraux ont quitté dimanche la France pour un exil symbolique de trois jours à Bruxelles afin de protester contre la politique de santé du gouvernement français.

"On souhaite que le gouvernement arrête de taper sur la médecine libérale", a déclaré Philippe Cuq président du syndicat Le Bloc, peu de temps avant qu'une vingtaine de bus ne quitte la porte Dauphine, à Paris, pour rejoindre la capitale belge avec les médecins à leur bord. À Bruxelles, "nous allons travailler pour préparer une dizaine de propositions que nous voulons remettre au Premier ministre à notre retour", a-t-il dit devant la presse. "Nous sommes certainement autour de 1.500 médecins" à participer à cet exil symbolique, a-t-il précisé à l'AFP.
Selon lui, "1.936 médecins" s'étaient initialement inscrits pour cette action, mais "plusieurs centaines d'entre eux ont été réquisitionnés" par les autorités et n'ont pu finalement y participer. "Nous attendons un rendez-vous" avec Sébastien Lecornu, a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement "s'occupe des agriculteurs qui nourrissent les Français, mais nous nous soignons les Français", a-t-il relevé.
Le financement des dépassements d'honoraires en tension
Dans leurs futures propositions, les praticiens de bloc veulent notamment s'attaquer à la question du financement des dépassements d'honoraires, qui sont indispensables selon eux pour la viabilité économique de leur activité. Selon Lamine Gharbi, président de la fédération des cliniques privées (FHP) qui soutient le mouvement, "80% des blocs opératoires" privés seront fermés sur les trois premiers jours de la semaine prochaine. "Ça va être tendu" dans les hôpitaux publics où seront dirigés les malades ne pouvant être pris en charge en clinique privée, a-t-il prévenu, porte Dauphine, où il était venu soutenir le mouvement.
L'exil des médecins de bloc s'inscrit plus largement dans un contexte de grève des médecins libéraux. La quasi-totalité des organisations de ce secteur ont appelé à faire grève entre le 5 et le 15 janvier. Parmi les autres griefs des médecins figurent notamment une limitation des prescriptions d'arrêt de travail ou des mesures permettant de contourner les négociations conventionnelles entre la profession et l'Assurance maladie. Samedi, plusieurs milliers de médecins (20.000 personnes, d'après les organisateurs, 5.000 selon la préfecture de police) ont défilé à Paris.