La majorité des patients utilisent désormais les anticoagulants oraux directs (AOD)
Entre 2008 et 2023, le nombre de membres de la Mutualité chrétienne utilisant des anticoagulants oraux a crû de 6% par année. Outre une relative inobservance thérapeutique, l’étude de l’organisme assureur chrétien montre également un glissement des antagonistes de la vitamine K (AVK) vers les anticoagulants oraux directs (AOD).
Si en 2008, 81.000 membres de la MC utilisaient des AVK, ils n’étaient plus que 18.000 en 2023. En 2023, il y avait 179.000 membres de la MC qui utilisaient des AOD. Cela signifie que les AOD sont les anticoagulants oraux les plus utilisés en 2023 (91 % des patients).
Selon l'étude des Mutualités chrétiennes (MC), plus de 400.000 personnes, en 2023, ont reçu une prescription pour un anticoagulant oral. Ces médicaments sont destinés aux patients atteints de fibrillation auriculaire et permettent de diminuer l’apparition de thromboses. Ils représentant entre 2 et 4% de la population.
Avec les anticoagulants directs, le patient doit suivre le dosage à la lettre
L'AOD existe depuis 2009. Et son succès s'explique par le fait que ce type de médicament ne nécessite pas de suivi par analyses sanguines. Le patient doit par contre suivre précisément la prescription. Un oubli dans la prise du médicament peut être rapidement suivi de conséquences graves, dont le patient ne se rend par forcément compte tout de suite. Ils sont par ailleurs beaucoup plus chers que les AVK et sont plus souvent prescrits, ce qui fait grimper le coût pour l’assurance obligatoire soins de santé.
La vice-présidente de la MC, Elise Deroitte (photo), constate malheureusement que « quel que soit le type d’anticoagulant utilisé, l’observance thérapeutique des patients à leur traitement n’est pas optimale. La contrainte du suivi régulier via des prises de sang joue certainement un rôle pour les antagonistes de la vitamine K, mais on constate aussi que les patients utilisant les anticoagulants oraux directs ne vont pas forcément jusqu’au bout de leur traitement ou ne semble pas disposer du nombre suffisant de comprimés pour une certaine période. »
Or les AVK continuent de protéger les patients même s’ils oublient une dose. Les AOD, par contre, comportent un risque dès une seule dose oubliée…
Patients sous AOD plus souvent hospitalisés
« Sans établir de lien causal entre les événements, l’étude relève que les patients utilisant des AOD ont été plus souvent hospitalisés pour des saignements et/ou des thromboses que les patients sous AVK. Ce qui mériterait d’être investigué plus précisément...”, précise l’organisme assureur.
La MC estime que le cardiologue à l’origine de la prescription, le médecin généraliste mais aussi le pharmacien ont un grand rôle à jouer afin que les patients prennent ce type de médicaments convenablement.
Enfin, la MC continue d’encourager l’utilisation de la prescription « selon la substance » qui booste les génériques et permet de maîtriser les coûts pour l'assurance maladie obligatoire.