Pas de remboursement pour le Leqembi
Des experts de l'Alzheimer craignent une inégalité de traitement
Un groupe de cliniciens et de chercheurs belges actifs dans la recherche sur la maladie d'Alzheimer et dans les soins aux personnes atteintes de démence a réagi avec déception à la décision du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), de ne pas rembourser le médicament Leqembi. Selon eux, cette décision risque de créer une inégalité d'accès au traitement.
Bart De Strooper (photo) réagit avec déception au refus de remboursement de Leqembi. « En refusant totalement le remboursement, la Belgique risque de réserver ce traitement à ceux qui peuvent le financer eux-mêmes ou qui ont la possibilité de le rechercher à l'étranger », déclare le neuroscientifique Bart De Strooper. « Un système de santé solidaire ne devrait pas simplement fermer cette porte, mais organiser l'accès de manière encadrée. »

L'an dernier, la Commission européenne a donné son feu vert à l'utilisation de Leqembi pour un groupe bien défini de patients atteints d'une forme débutante de la maladie d'Alzheimer. Selon les chercheurs, il ne s'agit pas d'un médicament miracle, mais du premier traitement ayant démontré, dans une vaste étude de phase III, sa capacité à ralentir l'évolution de la maladie chez des patients soigneusement sélectionnés. Cette semaine, Frank Vandenbroucke a toutefois décidé de suivre l'avis de la Commission de remboursement des médicaments (CTG) et de ne prévoir aucun remboursement.
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Des conditions strictes
Les experts affirment avoir plaidé pour la mise en place en Belgique d'un cadre d'accès contrôlé destiné aux patients souffrant de troubles cognitifs légers ou de démence liée à la maladie d'Alzheimer. Ce dispositif aurait reposé sur des critères stricts de sélection des patients, un suivi de sécurité rigoureux, des contrôles réguliers par IRM et un enregistrement systématique des résultats cliniques.
Les chercheurs reconnaissent que des débats subsistent quant à l'ampleur du bénéfice clinique, au coût du traitement et à ses risques potentiels. Ils craignent néanmoins que la décision actuelle ne rende, dans les faits, l'accès au médicament dépendant des moyens financiers des patients. Les personnes disposant de ressources suffisantes pourraient se faire traiter à l'étranger, tandis que les autres en seraient exclues.